Ville religieuse

La cathédrale (le phare de Lisieux

cathedrale (1)

Cette œuvre d’Arnoul sera terminée en 1218 après 48 ans de travaux. Plus tard pendant la Révolution, elle deviendra Temple de la Raison.

Dédiée à Saint Pierre (nom d’un évêque de Lisieux), elle est une des églises les plus intéressantes de Normandie. Elle est un point de rencontre entre des traditions encore romanes, mais déjà gothique, et des thèmes architecturaux novateurs venus d’Ile de France, comme les arcs boutants. Commencée à la fin du XIIe, elle occupe la place d’une ancienne cathédrale romane incendiée en 1136, dont elle reprend les plans et les dimensions. Pendant sa construction, on comptait un grand nombre de chars formant un campement autour du chantier. Les pierres viennent de la carrière de Saint Hippolyte, près de la ville.

La façade de la cathédrale est divisée en 3 parties qui correspondent chacune aux 3 espaces de l’édifice, c’est-à-dire la nef et les 2 bas cotés. De tradition typiquement normande cette façade est entourée de 2 tours qui accentuent ses lignes verticales.

cathedrale (2)

La tour de gauche avec ses ouvertures géminées, présente une architecture assez courante en Normandie. Celle de droite est une reconstruction néo romane du XVIe. La nef de l’édifice a été construite durant la période de transition entre l’art roman et l’art gothique au XIIe.

Souvent comparée à Notre Dame de Paris et à la cathédrale de Laon, elle présente de grandes similitudes avec les cathédrales d’Ile de France. Les grandes arcades, au premier niveau, sont semblables à celles de Notre Dame de Paris (en effet, on y retrouve les mêmes larges colonnes de pierre, chapiteaux corinthiens et arcs brisés).

Au dessus de ces grandes arcades, se trouve l’étage des fausses tribunes, composé de petites ouvertures divisées en 2, que l’on appelle les « baies géminées ».

Enfin tout en haut se trouve le clair étage composé de fenêtres hautes.

Cette élévation est classique dans une cathédrale de cette époque et donne à la nef une grande homogénéité.

Au point de rencontre entre la nef et le transept se trouve une tour lanterne. Tel un puits de lumière, cette tour permet l’éclairage du bâtiment. C est aussi un des traits caractéristiques des églises normandes, comme la cathédrale de Rouen ou encore l’église Notre Dame d’Alençon.

cathedrale (2)

La cathédrale était la paroisse de Thérèse Martin et de sa famille. Pendant 10 ans elle y a participé à la vie de l’église locale avant son entrée au Carmel. C’est ici, dans une chapelle de l’abside, à droite de l’autel assistait, avec son père et ses sœurs, à la grand messe dominicale. Cette chapelle est aujourd’hui dédiée à Sainte Thérèse. Elle y a reçu de nombreuses graces eucharistiques. A la fin d’une messe de juillet 1887, Thérèse contemple l’image du Christ en croix. Elle décrit les sentiments qui l’envahissent : « je résolus de me tenir en esprit au pied de la croix (…) Le cri de Jésus retentissait dans mon cœur ; « j’ai soif ». Je me entais dévorée de la soif des âmes ». Thérèse sent grandir en elle le désir de « travailler à la conversion des pêcheurs » et vient de découvrir la voie qu elle doit suivre : sauver les âmes par la prière et le sacrifice.une statue commémore cet événement. C’est dans la chapelle voisine, celle de Notre Dame que Sainte Thérèse venait participer tous les matins à la messe, avant de suivre le chemin de l’école. Du mobilier encore présent dans la cathédrale rappelle le passage de Thérèse et de sa famille. Dans la 1re chapelle sur la gauche, se trouve un confessionnal où Thérèse venait se confesser régulièrement. « La 1re fois que je m’y suis confessée, se souvient elle, j’étais si petite que ma tête se trouvait sous la banquette où l’on s’appuie les mains ; alors M Ducellier me dit de rester debout ». Le maître autel a été offert par M Martin en 1888, l’année où Thérèse est entrée au Carmel. Depuis le XXe, Thérèse est la 3e patronne de la cathédrale après St Pierre et St Paul. Elle figure à ce titre sur l’un des vitraux du chœur réalisé parles ateliers Gaudin (maître verrier de la Basilique).

 

Le Carmel

carmel (photo de 2012)

En 1835, la supérieure du Carmel de Pont Audemer, soumet l’idée d’établir un monastère à Lisieux. Elle propose aux 2 sœurs Gosselin de consacrer leur fortune à la fondation du Carmel. C’est ainsi qu’en Mars 1838, 3 novices et 2 professes arrivent à Lisieux. Mère Élisabeth de St Louis décédant 4 ans plus tard, c’est sœur Geneviève de Sainte Thérèse qui prend la charge de Prieure de façon quasi continue de 1842 à 1886. Aussi est elle regardée comme la véritable mère et fondatrice du Carmel de Lisieux.

Une quarantaine d’années ont été nécessaire pour édifier le monastère qui présente un ensemble de constructions géométriques en briques. Le carré conventuel est constitué de la chapelle, du chœur des moniales et d’un cloître. Dans les ailes du cloître on retrouve une vingtaine de cellules et les principaux lieux de vie. Derrière, un petit jardin est longé par une jolie et courte allée de marronniers.

La journée des carmélites se déroule à un rythme quasi intangible : priorité est donnée à la prière (environ 6h30, dont 2 d’oraison silencieuse et 4h30 pour la messe et l’office choral). Le travail (5h par jour), se fait dans la solitude en cellule ou dans l’office réservé à ce travail. Il s’agit d’un travail manuel afin de laisser l’esprit libre de penser à Dieu. La vie communautaire se compose aussi de 2h de récréation et de repas pris au réfectoire. L’esprit missionnaire a trouvé au Carmel de Lisieux un beau ressort. En 1861, 4 religieuses sont parties pour fonder le 1er Carmel d’Extrême Orient à Saigon, et de là d’autres Carmel se sont répandus dans toute l’Asie.

Dans la chapelle latérale se trouve la châsse où repose le gisant de marbre de Thérèse en carmélite. Dessous, une partie de ses ossements sont conservés dans un reliquaire.

Le Carmel que Thérèse a connu a bénéficié de modifications successives. Les dernières, qui datent de 2008, ont permis de restaurer la chapelle et d’aménager un important espace de visite. L’exposition d’objets et une projection de films permettent de mieux connaître et comprendre la vie des carmélites aux temps de Thérèse et aujourd’hui. Chaque année, le dernier Week End de septembre, une procession solennelle transporte les reliques de Sainte Thérèse à travers la ville.

Dès l’âge de 9 ans, Thérèse confie à la prieure du Carmel son désir de devenir carmélite comme sa sœur Pauline. En 1888, à 15 ans, elle entre au Carmel et reçoit le nom de Thérèse de l’Enfant Jésus, en souvenir de Teresita de Jesus, nièce de Thérèse d’Avila, entrée au cloître à 9 ans. Elle revêt l’habit en janvier 1889.
Durant les 9 années de vie religieuse, Thérèse est affectée à différents emplois : lingerie, réfectoire, sacristie, ateliers de peinture, poterie. Elle sera chargée de composer poèmes, cantiques, prières et des récréations pieuses.
En 1893, Pauline (Mère Agnès de Jésus) est élue prieure de la communauté. Céline entre à son tour au Carmel, après avoir veillé jusqu’au dernier jour sur M Martin, atteint de maladie mentale et paralysé. Ainsi les 4 sœurs : Pauline, Marie, Thérèse et Céline se retrouvent. En 1895, Pauline demande à Thérèse de rédiger ses souvenirs d’enfance qu’elle achève un an plus tard. En 1897, alors qu’elle est atteinte de tuberculose, elle écrit sur sa vie spirituelle. Elle meurt le 30 septembre le 30 septembre 1897. Le journal local annonce presque anonymement : « décès de Marie Françoise Thérèse Martin, 24 ans 9 mois, religieuse au Carmel rue de Livarot. ».Depuis la publication de ses mémoires, Thérèse est connue et aimée dans le monde entier. Et le monde entier vient lui rendre hommage à Lisieux.

Eglise Saint Jacques

eglise st jacques(photo de 2012)

L’église actuelle n’est pas celle d’origine. Elle date en partie du XVe. Cet édifice, comme l’ensemble du quartier qui l’entoure a été en grande partie détruit par les bombardements de juin 1944 et reconstruite dans les années qui ont suivi.

Construite dans le style gothique flamboyant, cette église de forme très simple est divisée en une nef et 2 bas cotés mais ne possède pas de transept.

Aujourd’hui, l’église est fermée au culte et accueille des expositions temporaires. Si l’église est ouverte, n’hésitez pas à pénétrer à l’intérieur. Vous découvrirez de très belles stalles, ces sièges en bois qui se trouvent dans le chœur de l’église. Elles sont ornées de motifs sculptés variés, qui représentent des animaux réels ou fantastiques, et même les célèbres coquilles liées au pèlerinage de Saint Jacques de Compostelle. Certaines de ces stalles proviennent de l’abbaye du Val Richer, près de Lisieux, et datent du XVIIe, d’autres sont datées du XVIe.

C’est une paroisse populaire qui accueillait de nombreuses familles ouvrières venues des campagnes environnantes pour travailler dans les usines lexoviennes. Elle devait être celle de la famille de Thérèse à son arrivée à Lisieux.

Louis Martin n’ayant pas pu louer pour sa famille de chaises attitrées, s’est tourné vers la cathédrale Saint Pierre fréquentée par la famille de son beau frère, Isidor Guérin.

C’est à partir de 1871 que le curé de la paroisse, l’abbé Delatroëtte, devient supérieur au Carmel de la rue de Livarot qui était sur sa paroisse. Quelques années plus tard, il s’opposera farouchement à l’entrée précoce dans ce même Carmel d’une jeune fille nommée Thérèse Martin, un autre curé de Saint Jacques et supérieur du Carmel, l’abbé Maupas, donnera l’Extrême Onction à Thérèse.

En 1885, Louis Martin a entrepris un grand voyage en Europe centrale jusqu’aux Balkans, en compagnie de l’abbé Charles Marie, vicaire à Saint Jacques.

A Constantinople, ils renoncent à atteindre Jérusalem. Parce qu’il avait connu de façon intime la famille Martin, l’abbé Marie est désigné par Monseigneur Lemonnier, évêque de Bayeux, pour faire partie du Tribunal Ecclésiastique de la cause de Thérèse qui se réunit en la chapelle du collège Sainte Marie de Caen le 3 août 1910. Il ne verra malheureusement pas le travail aboutir puisqu’il meurt en 1912 à l’âge de 63 ans.

 

La vie quotidienne autour de l’église Saint Jacques est remplie de 1000 bruits.

Au lever du jour, le guetteur annonce à son de trompe l’ouverture des portes de la ville. Les cloches des églises, des couvents et des chapelles appellent les Lexoviens. Sur l’actuelle place Victor Hugo, les bouchers ouvrent  leurs échoppes. Ils rabattent les volets dont l’un sert de comptoir et d’étal. Après avoir dépecé une bête, ils interpellent les passants et vantent leur marchandise. Des marchands trainent leur charrette chargées de primeurs. Ils crient à la volée. Autour des halles règne une agitation fiévreuse.

A faire

Randonnée : La ville est proche du GR26 qui la relie à Bernay d’une part et de Beaumont en Auge d’autre part.

A lire

Histoire de l’ancien évêché – comté de Lisieux, Volume 1 (1873)

Lisieux, notice historique (1893)

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