Avant propos

 La Seine a toujours été un axe fluvial  de commerce. Aujourd’hui on dénombre deux grands ports : Rouen et Le Havre. Une activité portuaire sera au centre du dossier. Les bateaux sur la Seine sont nombreux : les abeilles, les cargos, des paquebots… et les bacs. Nous allons en effet parler du passage sur la Seine par le bac et ses ancêtres.

Petit historique

                           

La date du passage entre les deux rives date du néolithique. A cette époque on utilisait de simples embarcations. Certains habitants de la rive avaient leurs propres embarcations. Ceci durera jusqu’au XXème. Jusqu’en 1960 les bacs avaient d’autres moyens de substitution qu’étaient la nage et le passage à gué.

Le pont de Tancarville de 1959 fut le premier pont construit entre le Havre et Rouen puis ce fut le pont de Brotonne (1977) et enfin le pont de Normandie (1995). Aujourd’hui on dénombre 8 bacs entre Rouen et Le Havre dont les trajets Jumièges-Heurteauville, La Bouille-Sahurs…ainsi que les bacs de Duclair et de Quillebeuf.

Comme pour les ponts actuels les bacs étaient situés dans un endroit stratégique c’est-à-dire à un endroit où il y avait une population importante.

Les bacs ont évolués dans le temps : ça a commencé avec les barques appelées bachots ou bacs à rames. Ensuite on est passé aux bacs à vapeur (1868) puis les bateaux à hélices (1920) les bateaux à moteur diesel (1960). Ce dernier permet d’avoir des horaires réguliers. Enfin les bacs électriques ont été mis en place vers les années 70. 

Le bac a d’abord été payant et très stricte, car on payait le prix de l’individu plus ses paniers (Sur le tableau, on voit la pancarte indiquant les tarifs ainsi que le gardien qui vérifie les paniers),puis est devenu progressivement gratuit. En effet les habitués ont d’abord payé en nature puis a protesté de l’injustice de l’acte vu le prix des impôts. Jusqu’à la Révolution la gestion financière des bacs de la Seine appartenait à l’abbaye de Jumièges. Quant au recrutement des passeurs c’est la vicomté de l’eau de Rouen qui en prend la charge. Après ce sera le département qui va gérer la caisse et le recrutement. Les passeurs ont disparu au profit de marins et mariniers.

          

Quelques dates

24 décembre 1776 : Un troupeau de bétail fait chavirer une embarcation.

Pendant la Révolution, on assiste à une mauvaise gestion des bacs.

16 août 1925 : Un charbonnier anglais percute un bac faisant 4 victimes.

Plusieurs fois les bacs ont été bloqués à cause du gel (ex. en 1933).

1977 : Le bac de Caudebec ferme avec le pont de Brotonne.

Fin XXème : Les bacs sont tous gratuit.

Le bac : Un petit patrimoine

Qu’est qui peut avoir de patrimonial dans ces bateaux ? Il est vrai que le bac est moins beau que le France ou le Queen Mary. De plus, ces bateaux font parti d’un patrimoine de l’état mais le bac… Le bac, de plus, n’est pas spécifique à la Seine : il est présent sur la Loire, le Rhin …

Le caractère patrimonial du bac vient, entre autre du fait qu’il s’inscrit dans l’histoire du fleuve. Pensons à la fille de Victor Hugo qui a disparu à bord de ce type d’embarcation. Il est vrai que lorsque on relate l’épisode on pense plus au mascaret.

Les conseils généraux qui ont a géré ces bacs en prennent soin : plusieurs millions d’euros par an. Pourquoi ? Comme nous le voyons à travers les photos le bac est quelque chose de touristique. Le bac fait parti d’une ville ou d’un village comme une gare. Mais une gare peut avoir une architecture magnifique (ex : la gare d’Austerlitz) que les quais de bacs n’ont pas (sauf la cabane de gardien).

Le bac a été une source de désenclavement et de survie : la population des bords de Seine se sont servie de déplacement pour les paysans qui allaient sur les marchés. Aujourd’hui il sert a des personnes pour aller au travail c’est même devenu un moyen permettant de visiter le parc national régional des boucles de la Seine Normande donc il a aussi un rôle touristique.

Un musée à Caudebec en Caux (qui deviendra MuseoSeine), un autre à Rouen exposent entre autre l’histoire des bacs. Ces musées sont la preuve de l’intérêt que ces bateaux ont dans le patrimoine de la Seine.

Le choix du bac comme objet patrimonial est dû à l’originalité du choix et  par son intérêt écologique. En effet nous avons parlé du caractère naturel du fleuve, or les bacs devenus électriques sont des produits qui ont un impact plutôt positif sur la nature. Or la Seine est depuis longtemps un axe commercial mais aussi un axe industriel. Cette axe souffre donc de pollution, le bac lui, ne l’est pas. Il ne nuit pas à l’environnement. Pensez aux habitants qui se réveillent avec un magnifique pont comme paysage, les bacs n’ont pas cet inconvénient. On peut ajouter que le transport fluvial est plus sain que le transport routier. Il y a un avantage car il n’y a plus à attendre le bac. Mais aujourd’hui un bac traverse et dépose rapidement son contenu. Les problèmes d’autrefois sont réglées donc pourquoi faire des ponts ? Le pont de Normandie est bien sûr utile car le bac qui reliait Le Havre et Honfleur était peu pratique car les villes sont éloignées l’une de l’autre. De plus ce pont fait désormais partie de l’axe routier européen de l’Atlantique.

Le bac malgré sa concurrence reste très prisés par les gens avec quatre millions de personnes par an.

Le bac est aussi une autre manière de voir la Seine.

Le bac a permis de garder aux ports concernés une activité qui était plus diversifié dans le temps. Ce temps correspondant à l’époque du cabotage, les chantiers navals (Le Trait) et même la pêche. En effet le temps d’aller du Havre à Rouen pouvait durer de trois à quatre semaines. Ces transporteurs fluviaux sont l’origine d’une économie locale : cafés, épiceries… Dans une taverne troglodyte à Duclair les équipages pouvaient déguster un canard de Duclair (autre patrimoine du bord de Seine).

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